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A coeur ouvert avec le ministre Jean Christophe Nguinza en charge du travail de l'emploi, de la formation professionnelle et de la sécurité sociale

Lundi 18 Mars 2019

Bangui, 18 mars (LQB). Dans le souci de projeter de la lumière sur les réalisations et autres perspectives inscrites à l’actif de certains comptables de notre cité, notre rédaction s’est rapprochée du ministre en charge de Travail, de l’emploi de la formation professionnelle et de la sécurité sociale, monsieur Jean Christophe Nguinza pour poser quelques questions de curiosité visant à répondre aux attentes de bon nombre de nos compatriotes friands de savoir comment la chose publique est gérée sous le régime actuel. Sans hésitation, ce compatriote imbu de travail s’est prêté le flanc à ce jeu de question-réponses au travers lequel l’on peut aisément identifier quelques exploits inscrits à l’actif de son département ainsi que les difficultés rencontrer chemin faisant. Pour les reste suivez notre regard.


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Bonjour monsieur, pouvez-vous présenté à nos lecteurs ?
JCN : Bonjour. Je suis Jean Christophe Nguinza, ministre en charge de Travail, de l’emploi de la formation professionnelle et de la sécurité sociale.
Que peut-on retenir brièvement de ce que vous avez réalisé à la tête du département dont vous avez la noble mission ?
JCN : De façon très globale pour ne pas rentrer dans la spécificité, je crois qu’avec la lettre de mission que le Premier Ministre m’a instruit, il y a certaines obligations de grandes lignes  par exemple : il est dit ici spécifiquement que je dois veiller au départ à la retraite, veiller justement au bon au fonctionnement des deux organismes sous tutelle à savoir l’ACFPE et la CNSS. Alors, nous avons essayé  de faire méthodiquement, de remplir méthodiquement nos missions. En ce qui concerne les départ à la retraite nous y avons veillé et c’est ce qui nous couté parce que lorsqu’on a mis en application nos lois en matière de départ à la retraite en mettant le Directeur Général de l’ACFPE sortant et cela nous valut toute une animosité vis-à-vis de certaines personnes qui pensaient qu’en application de la loi  il faudrait deux poids deux mesures. Mais nous avons cru bon devoir d’appliquer la loi parce que la loi elle est générale et elle s’impose à tous sans distinction.
La CNSS et l’ACFPE, placées sous votre autorité de tutelle ont connu par le passé des tumultes pouvez nous dire en ce moment précis l’état des lieux de ces structures ?
JCN : D’abord, il faudrait que nous, comme je vous ai dit précédemment dans ma réponse, ce sont de deux organismes qui sont évidemment sous ma tutelle, et donc en ce qui concerne l’ACFPE, il était question de faire appliquer la loi comme nous a instruit notre lettre de mission et de voir les conditions dans lesquelles nous devons justement impulser une nouvelle vision en matière de formation professionnelle. La première tranche, comme je l’avais  dit, c’était de mettre le Directeur Général à la retraite et c’est la loi et aujourd’hui nous avons nommé un autre Directeur Général par intérim avec lequel nous travaillons abondamment pour réorienter et  mettre en exergue justement  les projets qui étaient  somnolents et nous avons essayé de voir avec l’AFD, et j’ajoute pour la bonne compréhension de vos lecteurs, c’est que l’ACFPE par le passé était gérée d’une façon dynastique et  l’organisme de l’Etat était confondu à une personne, et donc qui faisait la pluie et le beau temps. Alors que la loi exige que comme c’est un organisme public il y a des règles de fonctionnement. Est-ce peut-être  cette longue durée à la tête, qui a fait qu’aujourd’hui que ceux qui avaient la charge de la Direction Générale  confondaient cela. Donc, il y a une sorte de statut quo qui est là. La preuve, c’est que depuis la mise à la retraite beaucoup de choses sont amorcées. Et, nos collaborateurs qui sont dans cet organisme ont soufflé, et on a une nouvelle impulsion. Et, que nous avons aussi signé des contrats avec la Banque mondiale, l’AFD et la BAD pour ne citer que celles-ci surtout qui appuient beaucoup les activités de la Direction Générale de ce centre-là (l’ACFPE). Alors, cela nous a valu trop  d’inimitié. Mais nous pensons que nous avons une vision c’est l’intérêt général qui prime c’est l’Etat centrafricain, c’est un organisme public qui est au service du peuple Centrafricain. Nous avons pu devoir suivre de prêt conformément à notre lettre de mission. Parce que je vous rappelle qu’un Ministre n’agit pas de son propre chef. Ce sont des instructions, le Président de la République et le Premier ministre ordonnent, les ministres exécutent.
Du côté de la CNSS évidemment, il y a des choses qui ont été réalisées, là il faut le reconnaître. Mais, il y a aussi certaines choses qui ne marchent pas trop bien. Alors, nous n’avons pas voulu tout prendre en même temps. Et, nous avons pensé qu’il était judicieux sinon intelligent d’aller méthodiquement, cas par cas, pour pouvoir voir ce qui ne marche pas ou ce qui marche pour faire la synthèse et impulser une nouvelle dynamique pour cet organisme de tutelle qui joue un rôle de régulateur de la société. Comprenez que de par les prestations sociales qui sont versées à nos parents, à nos frères qui sont admis à faire valoir leurs droits à la retraite et lors qu’il y a un chamboulement, il pourrait y avoir de crises sociales et nous, en tant que ministre en charge de travail et de l’emploi, nous sommes  garant de la paix sociale. C’est l’une de nos missions prioritaires qui nous est accordée par rapport aux statuts, par rapport à la lettre de mission. Donc, nous verrons d’ici peu si tout se passe bien comme l’on le souhaite, nous aurons à attaquer pour redresser l’organisme pour voir ce qui ne marche pas pour pouvoir impulser un nouveau souffle pour qu’enfin la CNSS puisse justement  jouer pleinement son rôle. J’avoue que la CNSS, il va y falloir  regarder de très près son fonctionnement et cela est une mission que nous devons nous en approprier dans très peu de temps pour pouvoir corriger ces disfonctionnements qui semblent être même comme une dérive. D’ailleurs, pour votre gouverne, je vous informe qu’il y a une mission de l’inspection générale d’Etat qui a eu à effectuer des contrôles, nous n’avons pas encore la teneur de la conclusion de cette mission, car souvenez-vous que les seules autorités qui sont habilitées à mandater l’IGE, il n’y a que le Chef de l’Etat et le Premier ministre. Donc, nous attendons la conclusion. Une fois que ces conclusions seront sur la table du président de la République, chef de l’Etat et les instructions qui nous seront données nous allons les appliquer in texto.
Conformément à la lettre de mission pouvez nous dire les difficultés que vous rencontrez dans l’exercice votre travail ?
JCN : Vous savez les difficultés, ne manquent pas. Nous gérons les hommes. Et vous savez que la gestion humaine est toujours difficile. Il y a certaines personnes qui confondent la manière dont ils doivent administrer ces différents organismes en un patrimoine, il faut dire en un patrimoine personnel. Et y a cette pesanteur culturelle qui fait un grand blocage, il faut le dire pas avec amertume, mais avec fermeté. Evidemment, les reformes font grincer les dents. Les réformes au début n’ont pas trop d’adeptes pour la simple raison que y a une espèce de conglomérats qui se sont constitués par des groupes relationnels qui ne profitent même pas à la République et ces petits groupes sont réfractaires à certaines réformes. Et, du coup lorsque vous engagez ces réformes vous êtes mal vu. C’est la pesanteur et la longévité aussi  à la tête de ces organismes, il y a des charges. Les gens qui ont la responsabilité constituent aujourd’hui un grand blocage pour les réformes. Mais nous n’allons pas croiser les bras. La République centrafricaine est un pays qui a besoin d’être reformée. Mais, il faut mener cette réforme pour que la République centrafricaine puisse effectivement, puisse avoir des racines des fondements solides surtout que nous sortons des crises politico-militaires    qui ont ébranlé tous les fondements de la République. Parce que si nous ne reformons pas quel Etat laisserons nous à nos enfants il ne suffit d’être là et s’en pifer des avantages dont liés au fonctionnement ou lés à la fonction. Il n’y a pas que cela. Il faudrait reformer. Et, ces organismes, il y a eu des  bonnes choses qui ont été réalisées. Il faut le dire. Ce n’est de notre devoir de jeter le bébé avec l’eau de bain. Il faut dire la vérité qu’il faudrait réformer. Et, les difficultés ce sont les hommes et je pense pour ma part que c’est la longévité des hommes qui dirigent et ces petits groupes, ces petits groupuscules qui se sont constitués dans de différents processus décisionnels rendent la tâche très difficile. Sinon, de quoi a-t-on peur ? Doit-on reformer ou se résilier face à ces pesanteurs culturelles avec ces officines que je qualifierais de mafieux qui empêchent que les organismes ou bien chaque institution se soit réformée. Et, là ce n’est pas seulement des organismes qui sont sous ma tutelle pour avoir vécus et pour avoir dirigé ces organisme sur le plan de la tutelle et bien le constat est quand même amer. Certaines personnes laissent involontairement toutes formes de vices prendre racine dans leurs cœurs : amertume, méchanceté, colère, haine et toutes formes de méchanceté.
Vous avez effectué une mission de travail qui vous a conduit à Genève.  Que peut-on retenir de manière substantielle du contenu ou des enjeux de cette rencontre international ?
JCN : La rencontre de Genève s’inscrit dans le cadre de l’obligation des engagements d’Etat étant membre de l’organisation internationale du travail, chaque année cette organisation spécialisée des nations unies qui s’occupe des questions du travail organise sa session annuelle. C’est à ce titre que nous avons eu la charge de représenter la République centrafricaine à cette 107ème conférence annuelle, c’est une conférence aussi tripartite qui  couvre aussi les patronats, les employeurs, les syndicats et le gouvernement. Donc, les grandes questions qui ont été débattues, c’est l’avancement de la problématique de travail décent et aussi en ligne de mire la préparation de 100 ans de l’OIT. L’OIT étant créée en 1919 et qu’aujourd’hui nous sommes en 1919, donc l’OIT fêtera ses cent ans. Il faut ajouter à cela, le privilège  d’avoir notre président le Professeur Faustin Archange Touadéra comme, président d’honneur d’honneur et tout. Cela témoigne notre processus de négociation réussie. Lors de laquelle rencontre le président Touadéra a parlé au nom de tous les Etats africains et par la même occasion, il a eu à dérouler un message de paix à brosser aussi d’une manière panoramique la situation de la République centrafricaine : les perspective via un discours qui reste dans les annales l’organisation  internationale de travail. Et, je le dis avec beaucoup d’émotion pour avoir été présent à ses côtés lorsqu’il prononçait ce discours. Tout en sachant que notre pays traverse une crise politico-militaire et qu’il se battait aussi pour la paix et que la situation était vraiment intenable, insoutenable et difficile, mais le Chef de l’Etat a eu à prononcer ce discours que je vous reste mémorable. Et, la présence aussi du chef de l’Etat, il a profité pour rencontrer  les différentes organisations spécialisées des nations unies. Par exemple l’OMS avec lesquelles, il a fait un plaidoyer. Plaidoyer pour lequel notre système de santé a été très bénéfique puisque le DG s’est déplacé a effectué une visite très spéciale en République centrafricaine et que l’OMS a soutenu et continue de soutenir avec beaucoup d’efficacité notre système de santé pour le bien-être de tout notre peuple.
Sur la question du fameux accord de Khartoum avez-vous un avis personnel à donner en tant que citoyen centrafricains hormis votre statut d’autorité publique ?
JCN : Avis personnel oui ! Puisque cette mérite personnelle revient au Président de la République  qui a eu d’emblée à faire de sa politique, la politique de la main ouverte. Et, il l’a dit que le problème de notre pays ne se résoudrait pas par la force donc et puis méthodiquement il a eu à respecter sa parole aussi à s’inscrire dans le panel des chefs d’Etat africain. Lequel panel aujourd’hui a eu à déboucher sur l’accord  de Khartoum à l’issu de laquelle nos frères qui se sont énervés ou qui n’étaient pas d’accord par rapport à la gestion de la chose publique ont accepté volontairement de déposer les armes  parce que sans la paix il ne va pas y avoir le développement. Voilà, pour nous, nous pensons que c’est une bonne chose que nous devons soutenir cet accord pour permettre justement à la République centrafricaine  de recouvrer la paix, que nos parents qui sont dans à l’intérieur du pays de se vaquer à leurs occupations. Et là, je crois que c’est une très grande avancée et maintenant le chef de l’Etat respecte à la lettre ce qui s’était dit dans cet accord vous vous souvenez que ce comité de suivi qui a été mis en place, le processus continu favorablement en ce qui concerne les engagements du côté du gouvernement. Lequel gouvernement travaille sous la ferrure de son excellence le Professeur Faustin Archange Touadéra. Et, maintenant notre optimisme reste intact ; et nous  osons espérer que tous les signataires vont respecter à la lettre leur engagement lequel engagement donnera justement la paix globale et aussi permettre maintenant au gouvernement de dérouler sa feuille de route pour le développement socioéconomique de toute la République centrafricaine et le bien être de toute notre population.
Avez-vous un message personnel à adresser à l’endroit des Centrafricains ?
JCN : C’est de demander au peuple centrafricain de croire au Président de la République qui est un homme épris de paix, bien entendu élu sur la base d’un programme politique et donc ce qui faisait un peu entorse pour le déroulement de cette feuille de route et justement. Donc, maintenant que nous nous acheminons vers la paix, nous croyons que cette paix sera durable et définitive cette fois ci pour que le chef de l’Etat puisse se concentrer sur la question de développement économique de notre pays. Et, vous n’êtes pas sans ignorer que sans la paix, aucun  développement n’est possible, sans la paix aucune activité n’est possible. Puisque la paix c’est le gage du développement et aujourd’hui bon nombre des observateurs avisés qu’avec la paix retrouvée le pays pourra amorcer ce développement qui semble être l’un des facteurs cruciaux de cette crise. Par ce que nos frères qui n’étaient pas d’accord et ont justifié cette prise des armes par une certaine disproportionnalité dans le développement. Ils ont estimé que leurs régions étaient abandonnées à elles-mêmes et que certains ont su profiter justement de l’apport de l’Etat. Mais là n’est plus la question. La question aujourd’hui, c’est de soutenir l’accord de Khartoum pour que le gouvernement puisse penser à développer ces régions dans l’ensemble de la République centrafricaine.
Monsieur le ministre nous vous remercions !
JCN : C’est moi qui vous remercie.
 
 
Propos recueillis par
Nguéma Ngokpélé Landry Ulrich 
 
 
 

Rédaction LQB