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L’impunité, source de désordres et d’instabilité en RCA

Samedi 21 Septembre 2019

Bangui, 21 septembre (LQB). L’impunité se définit comme un manque politique. Il est d’ailleurs de notoriété publique que l’impunité encourage le crime, le désordre et l’instabilité. Mais, le problème de l’impunité en Centrafrique n’est pas tant celui d’une définition rigoureuse que celui du choix de société que l’on veut bâtir dans l’espace et dans le temps ; Un Etat de droit, est un Etat impartial contre une « République bananière » où l’homme est un loup pour l’homme.


L’impunité, source de désordres et d’instabilité en RCA
De fait, on ne reprochera pas aux princes qui nous gouvernent de ne pas savoir ce qu’est l’impunité et où peut conduire à terme la culture de l’impunité. Ils persistent à vouloir  faire d’elle une méthode de gouvernement dans un Etat de droit.
D’ailleurs, les faits qui caractérisent aujourd’hui l’insécurité en Centrafrique ne manquent pas au moins avant et après l’arrivée au pouvoir de Bozizé le 15 Mars 2003 ; et aussi avant et après l’arrivée au pouvoir de Djotodia le 24 Mars 2013. Ainsi, les chemins du pouvoir de Sido à Bangui en passant par Kabo, Kaga-Bandoro, Dékoa, Sibut, Damara, Bossangoa et Boali ; ensuite de Birao à Bangui en passant par Ndélé, Kaga-Bandoro, Dékoa, Sibut et Damara, sont jonchés de crimes impunis.
Des maisons incendiées, des femmes violées, des vieillards tués. On ne compte pas les crimes commis par les « libérateurs » et les rebelles avant leur arrivée au pouvoir. Des exactions  multiples ont été perpétrées contre les populations civiles : Arrestations arbitraires, séquestrations, tortures, assassinats, exécutions extrajudiciaires, viols et mutilations sont leurs lots.
Tous ces actes n’ont pas fait l’objet de poursuites ni de condamnations judiciaires. C’est alors de l’impunité qui favorise la culture des crimes à répétition comme cela arrive fréquemment en République centrafricaine.
Il est de notoriété publique que l’impunité fait le lit de l’esprit revanchard, de la haine vengeresse ; elle encourage ainsi le crime. Elle est source de désordre, d’anarchie  et d’instabilité et surtout du non-respect des lois de la République puisque dans le même temps, certains citoyens  se croient au-dessus de la loi du fait que l’impunité érigée en méthode de gouvernement.
Au début du présent article, nous avons évoqué des cas vécus il y a près de deux décennies. Mais, des esprits avertis de la vie politique centrafricaine disent  que, même si ce n’est pas l’histoire, les choses se répètent dans ce pays.
Ainsi, tout récemment, l’échec de l’organisation de la journée mondiale de l’alimentation (JMA) à Bambari n’était assimilé à un coup d’Etat manqué contre le chef de l’Etat. Seulement, les auteurs de ce fiasco, bien connu, bien identifié, n’ont jamais été inquiétés par la justice. Ce qui va conduire un directeur général de service à s’en prendre vivement à son chef de département dont il exige même son départ du gouvernement du toupet, en tout cas !
Il y a seulement quelques jours, le président de la République, chef de l’Etat, chef suprême des armées invite un officier militaire pour un entretien qui tient, sans doute du plan professionnel. Ce dernier, sans civilité aucune, balaie du revers de la main l’invitation de celui qui l’a installé au poste qui lui permet de rouler les épaules et d’afficher une ingratitude teinte d’arrogance mal placée.
Tout ceci se passe de commentaire mais mesurons plutôt où nous mène l’impunité en République centrafricaine ! Toutes portes ouvertes sur le désordre et l’instabilité.
Bonne suite dame crise centrafricaine !
 
Mike Nzoh-SAAYAL
 
 

Rédaction LQB