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La ville de Bambouti est-elle concédée à l’UPC ?

Lundi 29 Juin 2020

Bangui, 29 juin (LQB). Les hostilités des groupes armés, marquées par des violations successives de l’APPR, atteint son paroxysme, si bien que les élus de la nation sortent respectivement de leurs mutismes, et font des propositions concrètes au gouvernement sur des mesures à prendre pour faire régner l’ordre.



Après l’honorable Martin Ziguélé le député de Bocaranga, c’est le tour de l’honorable Ngbissigui, député de Bambouti de monter au crénau.

En effet, il y a quelques jours où l’honorable Martin Ziguélé député de Bocaranga était  passé sur les ondes de radio Ndèkè-luka pour exprimer son ras-le-bol face aux exactions des groupes armés, qui ne va que croissant avait saisi l’opportunité pour faire des propositions concrètent au gouvernement, et aux garants de l’APPR de  pouvoir mettre de l’ordre dans tout le pays.

Pour cette fois, c’est à  l’honorable Ngbissigui député de Bambouti de dire ouvertement la souffrance dans laquelle se trouve son peuple. Selon lui la population de Bambouti est dans une situation inexplicable. La majorité se trouve dans la forêt, la ville est saccagée par les hommes de l’UPC d’Ali Ndaras, qui aussitôt après leur défaite face aux FACA à Obo, ont assiégé la ville de Bambouti, et l’ont assujetti. Ils y ont édicté des lois de jungle en exigeant à la population de leur verser des vivres. Celui qui n’obéit pas doit être soumis au tabac, et le nombre est supérieur ou égal à cent (100) coups. En ce moment il n’y a ni hôpital, ni école ni eau potable dans la ville de Bambouti, tout est saccagé, même l’unique dispensaire  qu’avait construit  le député de Bambouti est saccagé par les hommes d’Ali Daras.

Pour une petite histoire, depuis septembre 2019 que les hommes d’Ali Daras ont pris d’assaut la ville de Bambouti jusqu’à ce jour on ne compte plus rien que 2200 habitants alors que la ville comptait plus de 28000 habitants. L’unique représentant de l’Etat se trouve être madame le maire de la ville dont on ne trouve aucune force de l’ordre, ni préfet.
En ce moment, le tronçon Bambouti-Obo est calfeutré par les groupes armés, et personne ne peut faire la navette entre les deux villes au risque de perdre sa vie. Obo, Zemio, Mboki sont dans le collimateur de l’UPC qui nourrit le plan de conquérir tout le haut-mbomou, pour en faire sa base arrière, alors que Bambouti est à seulement 3km du Sud-Soudan.

L’absence actuelle de madame le maire et le député de Bambouti dans la ville est synonyme d’absence totale de l’Etat, car ce ne sont que les deux autorités qui représentaient l’Etat dans la ville, elles viennent d’y être déclarées persona non grata. Le député de Bambouti, l’honorable Ngbissigui a témoigné avoir loupé la mort dans sa propre circonscription, la dernière fois qu’il y avait passé plus de 5 à 6 mois. Or, c’est la seule autorité qui se soucie de la population de Bambouti.

Notre source fait état de ce que, depuis 18 ans il y a manque criard des infrastructures à Bambouti, la seule infrastructure sanitaire qui y existe est le dispensaire construit par l’honorable Ngbissigui, qui avait d’autres projets à réaliser dans sa circonscription, celui de construction d’un collège, mais ne peut le réaliser à cause de la présence de l’UPC. En plus de la construction de ce dispensaire, l’honorable Ngbissigui ne cesse d’acheminer vers Bambouti des médicaments pour des soins des premières urgences. Là maintenant l’UPC a tout assiégé, la population est privée de ces médicaments.

Face à cette situation l’honorable Ngbissigui demande au gouvernement et aux garants de l’APPR de tout faire pour libérer le terrain avant les élections, sinon il n’y aura pas les élections.

Les élections dépendent largement de la sécurité, s’il n’y pas de sécurité comme est-ce que les candidats iront battre campagne ?

Denis Ngana
 
 

Rédaction LQB

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