Menu

Le campus universitaire de l’école normale supérieure visiblement laissé-pour-compte.

Jeudi 3 Juin 2021

Bangui, 03 juin (LQB). Selon les anciens étudiants, ressortissants de ladite école et anciens résidents de cette cité universitaire, ce campus était propre et la salubrité y était assurée. En même temps, il forgeait l’admiration de tous. Aujourd’hui il est devenu un fourre-tout ou une cité de détritus.


Le campus universitaire de l’école normale supérieure visiblement laissé-pour-compte.

Pour ces anciens étudiants résidents qui sont revenus pour la deuxième fois à l’ENS, pour la nécessité des études, la situation a changé d’une manière négative. A leur époque, l’accès aux chambres était réglementé. Maintenant, c’est devenu  ouvert à tout le monde, sans exception : les élèves de l‘école maternelle et primaire, des lycées des environs et n’importe qui passant. Personne ne peut croire qu’il s’agit ici d’une institution publique où l’on forme des cadres chargés d’assurer l’éducation des jeunes centrafricains.

Jadis, le campus de l’ENS était convoité par tous les étudiants des autres établissements de l’Université de Bangui à cause de l’ordre qui y régnait. La commission d’attribution  des chambres qui siégeait chaque année pouvait exclure de la cité tout étudiant dont la conduite laissait à désirer, surtout qu’on se rend compte que son cas est trop flagrant ou qu’il devient récidiviste. C’est-à-dire que s’il recommence les fautes qui lui sont déjà reprochées.
  En tout cas, le désordre atteint son paroxysme. En dépit de quelques tricheries qui pouvaient être arrangées entre les étudiants et les délégués de chambres, le désordre n’a jamais atteint le niveau actuel où il tend à s’institutionnaliser avec l’appui de la direction des œuvres universitaires.

Aujourd’hui, la cité de l’ENS est devenue une cité de récréation, un lieu où des petits enfants s’amusent dans les salles d’études qui, dans la plupart des cas, demeurent sans étudiants et dans la salle de bain, alors que les plus âgés s’amusent dans les chambres ou s’entretiennent avec leurs professeurs sous la véranda ou dans les chambres des résidents.
 Comment faire alors, pour distinguer les vraies relations entre élèves et professeurs des relations intimes que ces derniers pourraient entretenir avec leurs élèves ? Que faire pour reconnaitre les vrais rapports entre eux et qui consistent aux élèves de demander des explications des cours à leurs professeurs ?

Là où le bât blesse davantage, c’est que lorsque l’on constate que la plupart de ceux qui sont là ne sont plus des étudiants et ils y sont seulement pour des raisons d’affaires : vente d’eau, des jus, etc. Des bidons d’eau font des va-et-vient entre la cité et les habitants des quartiers environnants sans que les étudiants se rendent compte du mauvais service qu’ils sont entrain de rendre à leur pays, à eux-mêmes et à la Société de distribution d’eau en Centrafrique (SODECA). Admettons qu’un jour cette société décide de fermer les robinets de l’ENS, qui en pâtira davantage ? Les étudiants ou les voisins immédiats ? Et si l’ENERCA en faisait autant ?

On ne peut demander à l’Etat d’améliorer les conditions d’études des étudiants au moment où ceux-ci se mettent à détruire les fondements mêmes des institutions qui doivent les aider à émerger. Il est temps pour que les étudiants de l’ENS puissent s’entendre pour mettre de l’ordre au niveau de la cité afin de lui redonner le minimum de sa valeur d’antan.

Aux autorités administratives de l’Université notamment la direction des œuvres universitaires, il est temps qu’elle se réveille et qu’elle se sépare des attitudes partisanes et complices qui ont donné l’impression d’un laisser faire pour les uns au détriment des autres cars, comme l’avait si bien déclaré le Chef de l’Etat, « la récréation est terminée ». Elle devrait l’être pour tout le monde et non pour les autres. C’est la raison d’être de la commission d’attribution des chambres aux véritables étudiants.

Patrice Boulet
 
 


Flux RSS