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Les temps forts de la cérémonie de passe d'armes de la cheffe de délégation du CICR Centrafrique madame Valerie Petitpierre à Biber Bruce

Jeudi 19 Mars 2020

Bangui, 19 mars (LQB). Vendredi 06 mars de l’année en cours s’était organisée dans la salle de banquet du restaurant-bar ‘’Rock club’, une cérémonie d’adieu à l’ancienne cheffe de la délégation du CICR Centrafrique, Valérie Petitpierre. Lors de laquelle cérémonie la sortante Valérie Petitpierre et l’entrant Bruce Lorenz Biber se sont échangés des mots conviviaux entre eux aussi bien à l’endroit de leurs convives qui ont même bravé la pluie ce jour.

Ainsi, entourée de Leskinen Hanna et ses plus proches collaborateurs de service de communication, la très battante, Valérie Petitpierre de son regard humain et sourire angélique adresse ses compliments d’adieux à ses désormais ex collaborateurs ainsi qu’à son remplaçant Biber Lorenz Bruce. Tout en souhaitant beaucoup de courages et bonne mission au staff du CICR Centrafrique qu’elle a quitté avec des pincement de cœur. Voici le contenu du speech de Valérie Petitpierre, lors de cette cérémonie festive…



…Et entre parenthèse je quitterai le pays précisément le 08 mars, mais nous dit Valery, c’est une promotion de reconnaissance de la journée des droits de la femme   combien de femmes dans ce contexte ici en République centrafricaine sont exposées à de la violence sexuelle, et je pense aussi important de mettre en avant cette problématique. Et enfin surtout je dirais ce que je vois moi dans le regard de cette jeune fille c’est la détermination, c’est le courage, et c’est la dignité et pour moi c’est si important de mettre en avant ses qualités sur mon invitation pour le de sa mission.
Mais, j’ai eu différente réunion cette semaine, j’ai eu la chance aussi de rencontrer quelques médias et la question récurrentes, quelles est votre bilan, est-ce que vous êtes satisfaite de votre mission, est-ce que votre mission est accomplie… Le CICR  a fait énormément de choses l’année dernière notamment on a eu à eu meilleur accès sur le terrain. On a pu par exemple répondre à l’urgence par exemple à Birao, en mois de Septembre, on a eu tant de dialogue avec tous les porteurs d’armes dans le pays, on a pu mettre en place énormément d’activités. Oui et non ! Non parce que la situation humanitaire reste malheureusement catastrophique dans le pays, et on espère toujours entant qu’acteur humanitaire pour faire plus et faire mieux. Et aussi je quitte cette mission malheureusement que nos activités sont réduites, du côté de Kaga-Bandoro, on a suspendu tous nos mouvements dans la Préfecture Nana Gribinzi, aussi suite à  de l’insécurité qui nous as touché le jour de l’anniversaire de l’APPR, le 06 Février dernier c’était le 3e aussi dans 4 mois, on a dit que trop c’est trop, on a décidé de réduire nos activités en attendant que les mesures concrètes, des gestes concrets qui soient faites pour nous permettre de  reprendre le travail en toute sécurité, malheureusement que ce n’est pas encore le cas.
Et j’aimerai profiter pour remercier  toutes personnes dans la salle, toutes les institutions dans la salle, qui se sont mobilisés et se mobilisent encore pour obtenir cette garantie de sécurité qui nous permettrait de travailler comme représentant de l’Etat. Denis coordonnatrice humanitaire que je ne vois pas, à ma MINUSCA, OCHA, bien sûr les autres acteurs humanitaires, les journalistes qui des messages forts. J’espère que cette mobilisation permettra au CICR, de reprendre ses activités, parce que si les humanitaires suspendent leurs activités c’est toujours la population qui est pénalisée, doublement pénalisée, non seulement  la population est victime de violence et  ensuite elle n’a plus accès à l’aide dont elle désespérément besoin.
La République centrafricaine est la quatorzième grande opération du CICR, en 2020. Ça fait sept années affilées que la Centrafrique fait partie des 15 et ce n’est pas une bonne nouvelle. Pourquoi ? Parce que ça démontre que la crise humanitaire se prolonge dure et que les besoins restent immenses dans le pays. J’ai eu un échange hier avec quelqu’un qui avait compris autrement la 14e opération de CICR, qui croyait que c’était le degré d’intérêt de la crise auprès des collègues au siège par exemple nos principes de la communauté internationale, malheureusement je lui ai répondu même si il n’y a pas de statistique fiable bien sûr. La République centrafricaine est le quatorzième contexte qui suscite plus de réaction  dans le monde et je me dis que cette crise est oubliée, cette crise est ignorée et qu’à l’intérieur de cette crise il y a catégorie de population qui sont publiées ou ignorées. La population ici dans le pays mérite davantage    je voudrais partager avec vous un souvenir le plus marquant à Birao, où j’ai eu la chance de voyage au début de cette crise qui a débuté en Septembre. J’ai eu l’occasion en ce moment-là de rencontrer la personne déplacée âgée qui m’a dit il a suffi  d’une heure seulement  pour que je dois recommencer ma vie avec vous, et il avait derrière lui un dictionnaire qu’il avait eu le temps de prendre avec lui au moment où la violence s’était éclatée en Septembre. Je veux souvenir aussi de ces enfants à Kaga-Bandoro, à qui on offre de dessiner. On a cette activité de soutien psycho-sociale, et psychologique. On leur donne une page ils dessinent ce qui leur vient à la tête je   et je voyais des enfants dessiner des cadavres, et dessiner des armes, de fois ils dessinaient les cadavres de leurs propres parents. Il y a un niveau de traumatisme dans ce pays très élevé qui….J’ai pu rencontrer aussi des personnes déplacées qui avaient peur de rentrer chez elles, alors que leur maison était à quelques centaines de mettre.
Du côté de Bambari, à Saint Joseph,  le CICR a assisté les personnes déplacées, j’ai parlé à ces personnes, et on leur a donné de l’assistance  des écoles, un accès aux soins et beaucoup de personnes retournées au pays manquent d’aide et vivent dans de conditions difficiles. Du côté de rien, peut être que vous ne connaissez pas Nien, c’est au Nord-Est du pays j’ai été aussi  très touché par la visita croissante médicale où j’ai pu voir un vaillant guerrier qui est devenu enseignant…
Je suis désolé de vous raconter des souvenirs plutôt tristes, mais qui m’ont rendu aussi plus forte…
Ma mission a été marquée par l’ouverture de l’accord de Khartoum, cet accord avait été signé, cet accord suscitait de l’espoir, et suscite encore de l’espoir, mais ce qu’on observe sur le terrain, il y a toujours un niveau de violence quotidienne très élevé la population et les conditions de vie de cette population n’ont pas changé pour le moment.
Tel est notre souhait alors que je suis à deux jours de quitter le pays la situation humanitaire s’améliore…….ne ne sera pas la solution à cette crise. D’abord Il faut une solution politique, une volonté politique…..C’est que dans les discussions qui ont lieu au centre ce sont les populations et les besoins de la population. Nos souhaits aussi c’est tous les acteurs qui pèsent tous les acteurs impliqués qui ont la compréhension du contexte, et qui travaillent en complémentarité, les acteurs politiques, les acteurs de développement, les acteurs humanitaires aussi. Il y a quelques semaines on était du côté de Bambari, au centre-sud du pays le CICR avait réparé un forage qui était en panne depuis 1987. Je me suis dit mais pourquoi ce forage était resté longtemps…Je crois si tous les efforts sont unis on sera   toutes les attentes des centrafricains qui vont reprendre une vie normale dans la dignité et dans la sécurité.
Merci à vous tous, merci à tous les soutiens que vous m’avez apporté pendant ma mission de coopération c’est un contexte difficile, les besoins sont immenses. Dans ce contexte il faut plus de solidarité possible entre les acteurs de cette crise pour pouvoir reprendre aux besoins
Je porterai la voix des centrafricains auprès du siège, ainsi que les réalités du terrain.

                                                                                                Denis Ngana  
 

Rédaction LQB

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