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OCRB Bangui : Une affaire de diamant qui risque d’éclabousser plusieurs personnalités publiques.

Samedi 7 Septembre 2019

Bangui, 07 septembre (LQB). Vous pouvez vous en douter mais pas jusqu’à s’enivrer devant cette affaire qui peut verser les larmes. En effet, il est de coutume en Centrafrique bon nombre de décisions rendues par la justice ou ailleurs, font toujours l’objet de grincement de dents au point de se demander si les choses se font par la tête des clients d’en face ? Sans détours, tout se passe comme si les plus forts piétinent sans pitié les droits des supposent plus faibles.


Selon toute vraisemblance, il s’agit d’un contrat de vente de gré à gré d’une pierre précieuse par un artisan minier du nom de Bossongo Rock Yvon à dame Kparambeti Mélissane, de la diaspora centrafricaine en France. Lequel contrat a eu lieu à Bangui lors des vacances de cette dernière au pays et s’est soldé par une manœuvre malsaine de la mauvaise acheteuse impliquant certaines personnalités qui vont jusqu’à en vouloir le jeune collecteur Bossongo Yvon, pour sa fortune.
La trentaine Bossongo Rock  Yvon un artisan minier agrée, exerçant ses activités à titre professionnel. Des sources autorisées font état de ce qu’un contrat de vente avait été passé entre ce dernier et la dame Kparambeti Mélissane, à l’issu duquel il lui a vendu trois diamants à 3500 Euros, équivaut à 2.275.000fcfa. La dame Kparambeti Mélissane, a acheté ces pierres dans l’intention d’aller revendre en France. Deux mois après son arrivée en France, elle a communiqué à son client à Bangui, que les prix des diamants ont chuté. En d’autres termes, le prix d’achat est plus élevé que le de vente. Çà veut dire ce que çà veut dire.
Un an après, elle revient dire à son client, que ces diamants étaient des faux diamants, et lui réclame remboursement.
Question : est-ce le prix du diamant qui a posé problème ou c’est son authenticité ?
En réaction à cette allégation, sieur Bossongo Yvon, s’est souvenu que la dame Kparambeti Mélissane, avait testé ces diamants avec ses propres machines d’expertise. Curieux que cela puisse paraitre, lors de cet achat qui n’a respecté la règle de l’art, l’acheteuse a même déclaré qu’elle a fait une formation en expertise de diamant en France. A ce titre, elle est capable de détecter les faux-diamants même à l’œil nu.
Entre le marché noir desdits diamants et la saisine de l’OCRB, l’artisan Bossongo Yvon, ne se reconnaît pas dans les faits qui lui sont reprochés. C’est le constat dégagé lors de cette audience menée de bout en bout par le Directeur de l’OCRB.
Des sources plus ou moins fiables laissent croire qu’à la date du 22 juillet passé les éléments de la police OCRB, et les éléments de la garde présidentielle déguisés en tenue civile ont débarqué au petit matin au domicile de Bossongo Rock Yvon, sis au quartier Pétévo. Ils ont fait irruption de manière inattendue à l’intérieur de sa maison, fouillant de fond en comble dans toutes les chambres à coucher, et se ruant sur les diamants de la victime au nombre de 10 (dix) pierres.
Les mecs ont poussé l’outrecuidance de pénétrer dans la chambre de la sœur cadette à Yvon, qui trouvait dans sa tenue d’Adam et Ève, en train même de s’habiller. Malgré cet état, la pauvre a été jetée dehors comme un malfrat. Elle a pu couvrir sa nudité à l’aide d’une étoffe de serviette arrachée sur le porte-manteau. Tout ce spectacle livré par les agents de perquisition laisse impuissant le propriétaire des produits qui n’a pas d’autres choses à faire que de rester passif pour les voir faire.
Pendant l’opération, dame Kparambeti Mélissane se contentait de prendre les images de l’évènement à l’aide de son téléphone portable, comme pour montrer sa puissance relationnelle,. Ils ont pu emporter par devers eux plus de 8 diamants, une machine détectrice, des pierres précieuses, un pactole de 3 (trois) millions de Fcfa en liquide emporté et un sac de chenille, qui devait servir de réserve alimentaire pour la famille. C’est insensible voire du vol. Car, rien ne justifie la saisie du sac de chenilles, sauf si les agents phyto étaient de la partie.
Notons au passage que sans mandat d’amener, sieur Bossongo Rock  Yvon a été quand même conduit et placé à garde à vue les locaux de l’OCRB de Bangui. D’après le concerné c’est finalement à l’OCRB qu’on lui fera comprendre que dame Kparambeti Mélissane est la nièce du président Touadéra. Et, ce serait sur les consignes de ce dernier que cette arrestation s’est faite ainsi que la confiscation des diamants. Encore faut-il que c’est vrai tout se tralala colporté au compte du président Touadéra !
Certains indices démontrant que la présidence de la République s’était impliquée fortement sont palpables. Des témoignages glanés çà et là confirment la présence de certains éléments de la garde prétorienne qui se sont effectivement emparés des pierres précieuses et qui ont tenté de les revendre dans un bureau d’achat de diamant de la place par l’entremise d’une copine à un des leurs. Sans blague !  
On aurait même lâché à la figure de sieur Yvon Rock fils de Bossongo que ‘’ sous Bokassa, des diamants des collecteurs véreux ont fait l’objet de saisine, idem sous Kolingba et Bozizé (…), mais pourquoi pas Touadéra ?
Pendant que le prévenu Bossongo Rock Yvon, se croupissait sous les verrous à l’OCRB ses diamants perquisitionnés furent acheminés vers un bureau d’achat pour vente par certains agents de l’OCRB. N’eut été la vigilance d’un professionnel qui reconnait bien ces diamants, ils auraient pu déposséder définitivement le pauvre Yvon Bossongo de son patrimoine. Aussitôt alerté, le jeune appelle le procureur pour lui tenir informer. Celui-ci à son tour ordonne de ramener à ce que ces diamants soient ramenés à l’OCRB.
Pendant la procédure, le prévenu s’est retrouvé nez à nez avec le procureur de la république dans son bureau, où on ferait comprendre au procureur que les diamants se trouvent bel et bien au niveau du parquet. Contre toute attente, lors de l’audience publique de cette affaire, le procureur a annoncé urbi orbi que les diamants se trouvent encore au niveau de l’OCRB.
Il faut signaler que lors de cette audience publique, la partie demanderesse a été représentée par son conseil et un mandataire, qui n’était pas munis de sa pièce d’identité, a vu son mandat annulé par le président du tribunal de grand instant de Bangui.
Il ressort de cette audience publique ce qui suit :
La partie civile, demande 1500 000 de dommage intérêt, se disant victime d’escroquerie.
Selon le réquisitoire du parquet, l’infraction de l’escroquerie est constituée, et demande au tribunal de condamner le prévenu à 12 mois de sursis et 100f d’amende; et que le tribunal puisse ordonner la saisine des diamants pour être vendus au profit de l’Etat.
Quant au plaidoyer du conseil du prévenu, Maître Kakpayene Brice Kevin, il n’y a pas eu d’escroquerie, mais un contrat de vente, et donc l’infraction doit disparaître, puisque la dame est partie après l’achat depuis un an pour revenir. Il demande au président du tribunal de voir d’abord ces diamants avant toute décision. Les photos imprimées sur papier pour servir de preuve ne doivent pas convaincre le juge. Ainsi, il propose au juge l’expertise de ces pierres en s’appuyant sur le réquisitoire du parquet, qui déclare l’infraction sera disparue si les pierres ne sont fausses d’après l’expertise.
Enfin, selon la décision avant dire droit rendue par le président du tribunal, les diamants se trouvant à l’OCRB, doivent être ramenés au tribunal pour l’expertise avant toute sentence finale.
Affaire à suivre !

Malko Sétouan

Rédaction LQB